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 Sang brûlant

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AuteurMessage
Asgaya
Milicienne
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Nation : Brâkmar
Messages : 130
Age : 21

MessageSujet: Sang brûlant   Ven 21 Sep - 5:05

[HRP: ce bout de texte fait en quelque sorte suite à ma candidature, du coup je pars du principe que vous l'avez lu. La suite existe mais je dois me motiver pour repasser dessus histoire que ce soit plus lisible et atténuer un peu le côté "dark" ^^]


- Non…je crois qu'il est temps que tu partes…

Elle était très sérieuse, je n'avais aucun doute à ce sujet, ses paroles avaient immédiatement percé mon masque de désinvolture pour venir se loger au plus profond de mon ventre et commencer leur travail de destruction. C'aurait été moins douloureux sans cette lassitude dans son regard, elle baissait finalement les bras … C'en était finit de ses efforts pour me trouver une place dans son monde. J'aurai aimé pleurer, lui demander d'essayer encore, m'écrouler à ses pieds, lui dire que je ferai des efforts, mais à quoi bon ?
Sa décision était arrêtée et la fatigue qui se lisait sur son magnifique visage prouvait bien que ça n'avait pas été facile pour elle et que ce n'était pas un coup de tête. C'était un constat d'échec et je la connaissais trop pour ne pas savoir que sa fierté devait en être profondément ébranlée. Je n'avais jamais été capable d'apprécier à leur juste valeur les nombreux efforts qu'elle avait fait pour rendre ma vie plus sereine et apaiser mes nombreux et violents accès de colère. Evidemment ce n'était pas une mère modèle et ses méthodes étaient critiquables, mais elle avait fait de son mieux et être la cause de la déception qu'on pouvait lire sur ses traits me déchirait de l'intérieur.
Je savais qu'elle pensait avoir raté quelque chose, j'aurais aimé la rassurer mais cette pensée était voilée par cette sensation d'étouffer, ce besoin quasi viscéral d'hurler pour chasser la douleur et la peur. Au lieu de quoi je serrais les dents et enfonçais les ongles dans mes paumes.
J'avais fait de sa vie un enfer, il s'agissait maintenant de disparaître sans faire de remous.


- J'ai demandé à Aywell de t'aider, avec son réseau tu devrais rapidement trouver une place dans une autre maison à Brâkmar…et Asgaya, ça ne te dispense pas de ta dette…

Je cillais, blessée qu'elle puisse penser à ces détails comptables à un moment pareil. J'enfonçais plus profondément mes ongles dans mes paumes, affolée par la chaleur qui commençait à rougir les tatouages de mes bras. Son regard dégoûté me donna la nausée. Je voulais qu'elle s'en aille, qu'elle disparaisse et mes bras me brûlaient de plus en plus. Elle tourna rapidement les talons sans m'adresser le moindre mot.

A genoux sur le sol, des larmes brûlantes coulant le long des mes joues en un flux ininterrompu, mes tatouages suintant un sang bouillant, j'aurais aimé oublié comment tout avait commencé.




***

J'avais 14 ans, j'étais brâkmarienne, ma mère était une courtisane et je n'avais pas de père. Qui aurait pu me blâmer dés lors de me réfugier corps et âme dans la lecture pour oublier les quolibets des petites brutes qui me tournaient constamment autour ? Pas ma mère assurément qui m'imaginait déjà rejoindre le cercle très prestigieux des intellectuels qui fréquentaient sa "maison de plaisir".
Depuis quelques mois, elle m'invitait à participer à leurs salons pour que je puisse rencontrer ses clients et ainsi faciliter mon "ascension". Je ne me faisais personnellement pas d'illusions, ce n'était pas mon esprit qui les intéressait lorsque qu'ils me détaillaient des pieds à la tête. Néanmoins ces salons se transformant souvent en réelle réunion mondaine on y faisait parfois des rencontres intéressantes.

C'était le cas ce jour-là. J'étais installée dans un des sofas de la salle de réception, occupée à tenter de paraître le moins attrayante possible pour ne pas attirer le regard lubrique des quelques clients déjà arrivés, quand une femme que je ne connaissais pas fit son apparition. Une sacrieur, grande, vêtue d'une tunique et d'un large pantalon en lin crème, ses longs cheveux noir tressés dans son dos. Son visage à la peau mâte évoquait des contrées lointaines et exotiques. L'ensemble de sa personne dégageait un magnétisme inquiétant et fascinant à la fois. Un petit homme trapu à l'air suffisant semblait la devancer. A côté d'elle il semblait ridicule, comme ratatiné sur lui-même.
Ma mère les accueillis avec tant d'enthousiasme qu'il ne faisait aucun doute que ces deux là n'étaient pas des clients ordinaires.

J'examinais encore la femme, quand ma mère me montra du doigt avec un sourire si large que j'avais peine à croire que son visage put un jour reprendre sa forme normale. Elle passa son bras sous celui du petit homme et ils avancèrent vers moi.
Aucun doute, j'allais encore avoir droit à l'une de ces présentations interminables dont ma mère avait le secret, et où elle exagérait tellement l'ampleur de mes qualités et de mes connaissances que je ne pouvais passer que pour une sotte ensuite.
Perspective hautement réjouissante … je m'enfonçais plus profondément dans le sofa.


- Asgayaaaaa ma chériiiiie, laisse moi te présenter l'illuuuuustre monsieur de …

Je n'écoutais plus, au moment où le regard de la sacrieur s'était planté dans le mien tout avait disparu.
J'avais la sensation qu'un fil tangible mais fragile nous reliait et qu'elle s'en servait pour scruter au plus profond de mon être. Le contact était chaleureux et bienveillant mais la certitude que je n'avais aucun moyen de m'y soustraire affola les battements de mon coeur.
Ca n'avait pas du durer plus de quelques secondes, mais déjà je savais que quelque chose avait changé …
Elle fit soudainement volte face et le fil se rompu. Un peu déboussolée je tentais de comprendre ce qui avait attiré son attention quand je vis apparaître un homme vêtu de noir, une capuche rabattu sur la tête, qui fonçait vers nous une longue lame au poing. Je ne sais toujours pas pourquoi ni comment je réussis à m'interposer entre l'arme et le reste du groupe ... la seule chose dont je me souviens est la douleur foudroyante qui traversa tout mon corps lorsque l'acier froid pénétra dans mon dos et le regard perçant de la sacrieur m'observant alors que je m'évanouissais.



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