AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Fragments de vie

Aller en bas 
AuteurMessage
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:15

Mère

En cette nuit d'hiver, assise au coin du feu,
Je contemple les flammes, en songeant à vos yeux.
Combien de mois, d'années se sont donc écoulées
Depuis l'ultime regard ? Depuis votre départ ?
J'ai aujourd'hui grandi, mère, et j'ai aussi muri.
J'ai pu tantôt entendre, et par là même comprendre
Ce qui vous a poussé, si tôt, à m'abandonner.
Je ressent aujourd'hui encore, l'amertume, ce poids mort,
Que chez moi a semé, ce geste insensé.
Ce mal perdure dans mon cœur, vestiges de rancœur.
Votre acte était cruel, votre esprit tourmenté.
Mais je vous pardonne, mère, vous pardonne ce péché.
Vous aviez votre vie, ne m'aviez désirée.
Vous vous êtes donc enfuie, vous m'avez rejetée.
Mais plus tard, ce geste, vous l'avez regretté.
Je le sais, tous l'affirment, vous étiez éplorée.
J'ai ainsi ouïe dire que vous m'aviez longtemps
Cherchée, mandée, et dans les rues hélée.
Questionnant les passants, demandant votre enfant.
Las, cela était trop tard, car déjà un vieillard
M'avait prise en pitié, et chez lui emportée.
Ce que j'ai vécu, mère, je vais vous le conter...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:16

C'est la fin de l'hiver, les prémices printemps.
Et moi toute jeune fille je viens d'avoir trois ans.
De ma petite taille, j'observe innocemment
S'éloigner de moi celle que j'appelle maman.
Elle m'a dit d'attendre là, et de ne pas bouger.
Et je lui obéis, debout sur le pavé.


Des gens défilent autour de moi, la rue résonne de pas.
Certains semblent pressés : ils marchent, la tête dressée,
Sans porter un regard, à moi sur le trottoir.
Ils semblent tous fixer, de leurs yeux aveuglés,
Quelque objectif lointain, et tracent leur chemin.
D'autre prennent leur temps, avancent à petits pas,
Observent par ci, regardent par là.
Parfois s'arrêtent, pensifs, et prennent l'air évasif.


J'en ai vu m'observer, et leurs sourcils froncer.
La mine préoccupée, perdus dans leurs pensées.
Je leur montre la langue, et leur fais des grimaces.
Ils sourient, me répondent, petit plaisir fugace.
Puis reprennent leur marche, me laissant à ma place.
L'un deux me questionne même, sur comment je m'appelle.
Felis ! Lui répond-je. Et puis le lui épèle.
Ce à quoi il s'exclame, que c'est là peu banal.


Au loin, ma mère n'est plus qu'un point indistinct,
Perdu parmi la foule, je la voie plus très bien.
Je me questionne : me fait-elle une surprise ?
J'ai hâte de la voir ! Peut-être cette écharpe grise
Que j'ai vu, désirée, et voulu essayer !
J'attends donc, impatiente, qu'elle vienne me l'apporter.


C'est long ! Pourquoi met-elle tant de temps ?
La nuit commence à poindre, la foule se raréfie.
J'ai froid. J'ai faim. Et maman loin d'ici...
Mais j'ai confiance en elle, et toujours je l'attends.
Dans cette petite ruelle, ouverte aux quatre vents.
J'en viens à m'inquiéter, lui est-il est arrivé
Quelque chose de mauvais ? Peut-être est-elle rentrée
Toute seule à la maison, en m'ayant oubliée ?
Maman. Mon frère. Papa. Ils sont sans doute en train
De manger maintenant, de mâcher pleins d'entrain
Un bout de viande grillée, oui sans doute le faisan
Qu'on a hier chassé, ensembles près de l'étang.
Et moi, et moi, m'avez-vous oubliée ?
Je veux aussi gouter ! Je l'ai bien mérité !
Soudain prise d'un doute, je demande alentour
Si on a vu maman, elle et ses beaux atours.
Mais tout le monde m'évite, où feint d'être occupé.
Des hommes parlent à voix basse, me jetant des coups d'œil.
Si je pouvais entendre ! Mais c'est comme un écueil.
Car dès que je m'approche, ils cessent ou s'éloignent,
Se cachent sous un porche, ou parlent de choses banales.


J'ai soif, mon ventre grogne. Mon corps hurle sa rogne.
La rue presque déserte, je persiste à pleurer.
Maman ! Dis moi maman ! Où es tu donc passée ?
Mais c'est partout pareil, la même scène se produit
Dès que je cherche de l'aide : on s'éloigne et me fuit.


Le sommeil m'appelle, me fait cligner des yeux.
A mon aplomb, les étoiles brillent de mille feux.
Épuisée, je me suis assise contre une façade, et blottie comme je le peux.
Je ne dois pas dormir ! Il faut que maman me trouve quand elle passera.
Je l'appellerai, irai me blottir dans ses bras.
Mais insidieusement, je sombre dans le néant.


Une main me secoue. J'ouvre les yeux. Maman ?
Non. c'est quelqu'un que je ne connais pas.
Laisses moi dormir ! Gémis-je tout bas.
Je ferme les paupières et retrouve mes rêves.
La main insiste. Moi je l'enlève.
Elle revient à la charge, cette fois plus doucement.
Éveillée maintenant, j'ouvre mes yeux d'enfant.


Sa barbe est longue, couleur d'argent.
Des rides, profondes, tracent leurs sillons sur le pourtour de ses yeux
Bleu. Ses yeux bleus qui me fixent, intensément.
Un scintillement, semblable au firmament.
Emplit d'une sorte d'attirance, de bienveillance,
Un je ne sais quoi de rassurant, réconfortant.
Mais je les abandonne et me concentre maintenant
Sur cette bouche qui me parle, et sur le son qu'elle produit.
Ce son est doux, un peu rugueux. Je l'écoute de mon mieux.
"Petite! Eh, petite, tu m'entends ?
Que fais-tu là ? N'as tu point de parents ?"
Un peu vaseuse, je lui raconte d'une tire,
L'histoire de ma maman qui m'a dis revenir.
Me voyant greloter, l'homme m'invite alors
A la conter chez lui, plutôt qu'au froid dehors.


J'accepte.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:17

Aujourd'hui, c'est ma première fois.
J'appréhende, toutefois.
Je suis un peu crispée, un peu anxieuse, aussi.
Je me questionne : "Et si ..."
Je regarde mes mains, et hume l'air de l'étable.
On m'a dit que c'est bien, pas très désagréable.
Mais j'ai peur d'être déçue, que ce soit mal perçu.
Car c'est pour moi nouveau, j'en connais que des mots.
Je regarde derrière, si je peux reculer,
Faire machine arrière, à l'acte renoncer.
Mais je reste où je suis. J'accepte ce qui suit.
Le voilà qui arrive, lui seul, pas âme qui vive.
Il m'invite à le suivre, m'entraine un peu plus loin,
A l'ombre du grenier, sa fraiche obscurité,
Puis jusqu'au près du foin, où il me tend d'une main,
Une faux usagée, et m'envoie dans le pré.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:19

Je cours à perdre haleine, hurle la peur qui m'entraine.
Un homme me course. Pour soulager ma bourse ?
Non !
Mais qu'ai je fais pour en arriver là ? Je ne sais plus, je ne sais pas !
Les souvenirs défilent, ténu j'en prend le fil.


Âgée de douze années, telle une pousse germée,
J'ai vu mes charmes grandir, mes formes s'épanouir.
Et lui m'a remarqué, s'est mis à me lorgner,
Puis il s'est approché, s'est mis à me chasser,
Et voilà qu'il veut prendre, lassé de trop attendre,
Ma vertu, son plaisir, ma pureté et en jouir.


Je heurte une racine, et chois dans une ravine,
Me relève, faire vite ! Mais bientôt je panique.
Car l'homme me rattrape. Il est là ! Il m'attrape.
Me prend par les cheveux, et m'attire à ses yeux.
Passe sa langue sur ses lèvres, et mes vêtements m'enlève.
Je crie ! Mais personne ne m'entend. Je sue et ai le cœur battant.
Je le le mord, je le griffe ! Lui me sonne d'une gifle.


Alors que l'homme m'enlace, je vois ma vie défiler.
Des images fugaces, des scènes esseulées.
Moi qui me prélasse, sous l'ombre d'un pommier.
Haldir qui me recueille, petite fille abandonnée.
Haldir qui menace, mon repas supprimer
Si jamais trainasse, ces herbes à ramasser.
Les leçons d'alchimie, les vieux grimoires enfouis.


Les mains de l'inconnu au présent me ramènent,
Elles font les ingénues et sur moi se promènent.
Ô Feca je t'en prie, accorde moi ton aide !
Insuffle moi ton esprit, dans mes bras un remède !


Le démon lui insiste, mais ma ceinture résiste.
Et soudain j'aperçois, venant de son flanc droit
Un reflet argenté, un fourreau rapiécé.
Une dague ! C'est ma chance !
Sans réfléchir je la prend et m'élance.
Je déchire la chair, l'assaille de mon fer.
Le sang gicle, m'éclabousse. L'homme lui crache et tousse.
Les yeux révulsés, figé de surprise,
Il n'est plus à l'instant qu'un corps qui agonise.
Je sens la vie le fuir, et ses membres se raidir.
Un tout dernier assaut, l'ultime soubresaut,
Et il choit mollement, lâchant mes vêtements.


Cette scène horrible, en moi toujours ancrée,
Me fit être timide, non, bien pire, timorée,
Comme fleur qui s'étiole, mon âme fut marquée,
Par cette ébauche de viol, et à jamais lésée.
L'enfant maligne, espiègle, qui un jour j'ai été.
En ce jour maudit fut à jamais enterrée.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:20

Aube blanche, jour de brume. Face à moi une plume
Se meut tout doucement, dansant au gré du vent.
Je la regarde descendre, admirant les méandres
Qu'en volant elle décrit, quiétude de l'esprit.
Elle valse dans la brise, se meut sans aucune prise,
Rémige opalescente, à la si belle descente.
Sa chute étourdie, sur mon front la conduit.
Sa caresse est si fine, la douceur si divine !
Je tend la main vers elle, la saisit par la penne,
Et d'un geste maternel, à mon cœur la ramène.
Cette essence si pure, je lui vouerai ma vie,
Afin que de mon âme un fragment soit transmis.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:21

C'est un soir de jouillier, sous l'éclat des étoiles,
Une nuit éphémère, où se déroule un bal.
La fête bat son plein, le son des instruments
Se répandant joyeux, en l'éther frémissant.
Pourtant dans la pénombre, je git abandonnée,
Réduite à l'état d'ombre, de chagrin accablée.
Les genoux repliés, j'épie les yeux luisants
La valse passionnée, que dansent deux amants.
Des courbes élégantes, des mouvements graciles,
Deux êtres en accord, qui devant moi défilent.
Ils se font des caresses, le regard attendri,
Les lèvres qui se cherchent, les joues un peu rosies.
A la fin du morceau, alors qu'ils se rapprochent,
J'étouffe mes sanglots, mes pleurs teintant la roche.
Je hurle à l'intérieur. Je crie mon désespoir.
Cette atroce douleur, cet hydre des plus noirs.
Mon cœur meurtri se serre, étouffe un battement.
Seule encore aujourd'hui, jour de mes dix-huit ans.


Seule.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Jeu 20 Aoû - 12:22

Lettres floutées de larmes, emplies de désespoir,
Voici un aperçu, de mes nuits les plus noires.



4 Octoliard 636

Lire, ne pas penser
S'enfuir, oublier
La solitude qui me dévore




5 Octoliard 636

Un point pâle qui danse
Derrière les paupières
La simple rémanence
D'un pinceau de lumière

Un voile imperceptible
Doucement s'est posé
L'esprit au bord du vide
Je songe à rêver



7 Novamaire 636

Rage, douleur, désespoir
Au loin le jour est noir
Où fuir ? Où aller ?
Nul espace où reposer



5 Aperirel 637

Voile éphémère
Issu de terre
Éclat d'opale
Sur moi s'empale

Un flot de larmes
En moi s'écoule
Jamais tari
Mais il me coule

Je broie du noir
Une lumière luit
Ilot d'espoir
Point de survie

J'ouvre la porte
Flot d'émotion
Vague m'emporte
Barrière fond

Frêle la force
Qui meut ma vie
Nue sous l'écorce
Je tais mon cri

Nuages ébènes
Cieux d'acajou
L'amour me benne
Me fait joujou

Frisson du cœur
Nuit de rancœur

Cœur de cristal
Mur en argent
Le froid métal
Fait taire l'amant



25 Aperirel 637


Si prompts sont les mots ravageurs
Dont les épines déchirent le cœur
Simple sifflement susurré ?
Sans lame, mais pourtant acéré !

Éclats de voix troublant les cieux
Qui de limpides se font timides
Nuages éparts, ciel ténébreux
D'éclairs se fend, rupture du vide
Puis gouttent pluie, torrent, déluge
Broyant mon âme, point de refuge
Absence d'issue, de subterfuge
Rien ne va plus, les éclats fusent
Éparpillée, tout reconstruire
Et espérer, passé le pire



6 Maisial 637

Souvent cherchés
Si peu trouvés
Les mots reflet
De mes pensées

Un jour j'espère
Un autre enterre
L'œil illusoire
De mes cafards

Qu'on me comprenne
Que l'on m'entende
Et que l'on m'aime
Sans qu'on me pende

Repli sur soi
Chemin si vide
Pas une voix
D'ami ou guide

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Mer 2 Sep - 11:25

[Ceci décrit la rencontre de Felis avec Chinonamida, et clôt ainsi son errance]


Spoiler:
 

C'était un jour d'automne, en début de saison,
Et les feuilles écarlates se comptaient à foison.
Plongée dans les tréfonds d'une forêt sans nom,
Je cherchais l'ingrédient manquant à ma potion.
C'est au détour d'un mur de ronces enlacées
Que je trouvai le corps d'une fille blessée.
Dont les bras mis à nus laissaient goutter en larmes
Un sang d'un rouge vif, du même que son arme.
Son teint était livide, ses lèvres de bleu teintées,
Et son regard si vide, que j'en fut terrifiée.
Il ne planait de doute, elle était en danger,
Et sans soins immédiats, elle allait y rester.
Je posai des garrots contre l'hémorragie
En priant qu'elle tienne au moins jusqu'à l'abri.
Je la pris sur mon dos, ménageant ses blessures
Et chargée du fardeau rejoignis la masure.


Je n'étais pas douée des mains d'Eniripsa
Mais ce fut de mon mieux que je traitai son cas.
A renfort de potions, et autres infusions,
Je la menai sur la voie de la guérison.


Les journées ont passé, son corps cicatrisé,
Alors que son esprit s'est noyé dans la nuit.
Ses yeux sont grand ouverts, elle fixe le plafond.
Mais au cœur de leur vert git un abime sans fond.
Elle n'a plus de mémoire, sait tout juste parler,
Seul un abime noir fut par le choc laissé.
Peinée par son état j'ai pris la décision
De me faire sa mère jusqu'à sa rémission.
Mémoire de ce jour qui nos destins croisa
Je la dotai du nom de Chinonamida.


[Nota : Chi no namida (血の涙) signifie « larmes de sang » en japonais]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Disparition   Lun 15 Nov - 8:04

En ce jour s'achevant, les flocons tourbillonnent,
Brillant tel un diamant, qui de maints feux rayonne.
De leur contact au sol, un bruissement discret,
En chuchotis s'envole, s'épanchant sans arrêt.
La vie des animaux, semble s'être arrêtée,
Ce jusqu'au bruit de l'eau, qui s'est évaporé.
Le silence est de mise, il emplit tout l'espace,
Dense comme la neige, qui s'étend sur la place.

Sur l'étendue glacée, des courbes se dessinent,
Ne se brisant qu'aux pieds, de qui les assassine.
Ses cheveux détachés, se perdent dans le vent,
Qui vient les emmêler, l'espace d'un instant.
Rayons purs et brillants, sur sa peau claire et lisse,
Le soleil se répand, et nimbe sa pelisse.
Felis est accroupie, les mains sur la figure,
Elle oscille et gémit, s'épuisant en murmures.
Baignés dans la douleur, ses yeux se voient voilés
Par des larmes et des pleurs, sitôt cristallisés.
Et puis éclat scintille, fugace et tremblotant,
Et lame ouvre les veines, faisant couler le sang.
Fumant.


Citation :
Très chère Felis,

Voici venu le temps pour moi de te faire part d'une décision qui me fut très pénible, et sur laquelle j'ai mis des jours à me décider tant le dilemne à mon coeur était lourd.
Je t'avais promis une vie heureuse, bercée de douceurs et de fastes grâce à mes possessions alors acquises.
C'est aujourd'hui un être désespéré et ruiné qui te laisse ce vulgaire mot.
Partant tenter de refaire ma Vie dans une île eloignée, aux contrées moins apprivoisées que celles de la vielle Amakna, je laisse à ta disposition tout ce que nous avions ici.
Je te souhaite bonne chance, et tout le bonheur que tu mérites.
Puisses-tu trouver un homme qui te méritera et saura mieux gérer sa vie afin que vous fondiez une charmante famille.

Prends soin de toi toujours,
Adieu

Blaise


Dernière édition par Felis-silvestris le Lun 15 Nov - 10:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chymes/Sonaë
Pandalol
avatar

Nation : Bonta
Messages : 4091
Age : *ne dit jamais le vrai, de toute façon*
Conjoint (e) : Non, merci
Localisation : Dans Tonkult :C
Métiers : Joaillemage, chasseuse
Humeur : Joueuse

MessageSujet: Re: Fragments de vie   Lun 15 Nov - 10:18

(Aussitôt dit...

Bon retour Smile)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
"Everything in life is important,
Important things are simple, simple things are never easy." (E. A. Murphy)
"S'il n'y a pas de solution, alors il n'y a pas de problème."
"Everbody is a genius. But if you judge a fish by its ability to climb a tree, it will live its whole life believing that it is stupid." (A. Einstein)

Avatar by Lethis
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.chymaille.fr
Felis-silvestris
Déserteur
avatar

Messages : 16
Localisation : Adossée à la colline, le regard fixé sur le lointain
Métiers : Paysan (100), Boulanger (100), Alchimiste (78)
Humeur : Amère

MessageSujet: Envol   Lun 15 Nov - 10:40

[Merci Smile ]

Les yeux clos et figés, la tête reposée,
Felis est alitée, toute de blanc drapée.
Ses cheveux détachés, sur l’oreiller s’étalent,
Corolle délavée, d’une fleur hiémale.
Mais est-ce encore l’hiver, qui sévit au dehors ?
Que cachent ces nuées, teintées de reflets d’or,
Que l’on voit du hublot, au soleil de l’aurore ?

Rien, du vide seulement.
Des nuages paisibles, écume sous le vent.
Car là où est Felis, il n’y a point de prise
Dès lors que l’on sort, pour éprouver la brise.
Le lieu où elle repose, n’est autre qu’un vaisseau,
Une nef brigandine, qui fend l’air et non l’eau.

C’est eux qui l’aperçurent, ces voyageurs du ciel,
Tandis que se mourrait, son enveloppe charnelle.
Elle gisait au sol, compressant son poignet,
Une pâleur mortelle, imprégnée dans ses traits.
Son souffle toutefois, encore s’exhalait,
Affaibli sans un doute, mais il persévérait.

Et il persiste encore,
Juste
Différent
Et
Insouciant.

Comme un enfant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Yukinko

avatar

Messages : 2
Age : 9 ans

MessageSujet: Yukinko   Lun 21 Fév - 13:16

Douce, douce lune
Qui trace mon chemin
Anime donc ma plume
Éclaire donc ma main
Afin que je consigne
Cependant qu’elles perdurent
Mes mémoires insignes
Mon ancienne nature

Je ne suis qu’une infante
Du moins en apparence
Une fille insouciante
À l’éternelle jouvence
Mais aujourd’hui encore
Je ne peux oublier
La femme au cheveux d’or
Dont je fut enfantée

On me nommait Felis
On connaissait mon nom
Avant que je subisse
Cette transformation

Je suis l’enfant des neiges
Je suis Yuki n ko
Brigandine barège
Qui vous compte ces mots


Dans la mythologie japonaise, un 雪ん子 (en français "enfant des neiges") est un esprit enfantin apparaissant par temps de neige

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Fragments de vie   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fragments de vie
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» En quête de fragments
» Histoire du Monde des Douze - Fragments Retrouvés [Acidrik Fenlapanse]
» [Service] Echange de Fragments de cartes.
» Fragments d'Hyperscampe
» Fragments de carte de l'Hyperscampe

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Taverne du Poney qui Tousse :: [Inter-Univers] Autour d'une table :: Paperasse-
Sauter vers: