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 Les Cendres de la Brutalité

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Malagar
Exilé


Nation : Bontarien
Messages : 1250
Age : 26
Conjoint (e) : Gnu...
Localisation : Dans... ''une planque'' *trodark*
Métiers : Maitre Pêcheur - Maitre Poissonnier
Humeur : Méfiant.

MessageSujet: Les Cendres de la Brutalité   Mer 29 Juin - 3:35

[Ce roleplay est solitaire pour le moment. Cependant, certains éléments seront reprit à des fins multi' dans un avenir rapproché. Bonne lecture!]

Chapitre I : Résurrection


Un instant, un soupir.

La noirceur était devenue un quotidien. Aveuglé, il était perdu. Ce mal de crâne le tenaillait sans cesse. Il tentait d’en comprendre la source. Rien. Il n’y avait n’y lumière, ni ombre. Il n’entendait rien, son odorat était bloqué. Ce fut une senteur de vide. Le genre qui, comme l’eau, ne retient aucune caractéristique connue. Il n’en avait besoin. Il ne sentait rien. Même pas son corps.

Il voulait regarder. Il ne pouvait pas. Sentir, il ne pouvait. Toucher, il ne pouvait. Il ne se sentait pas. Ciel, il ne pouvait se toucher, se sentir… Il ne sentait aucune crasse lui peser sur le corps. C’était étrange. Unique. Il ne se sentait même pas exister. Existait-il? Il ne pouvait se poser la question. Il ne pouvait pas penser. Ce n’était pas un être, ce n’était qu’un vide. Un trou noir. Un puits sans fond, sans pierre, sans rocaille, et encore moins la présence de quelqu’un de lancer une pièce, un crachat, dans ce fameux trou. Ce n’était rien. Il ne pouvait pas s’en préoccuper. Il n’était pas. Ne se sentait pas. L’omniprésence? Non. Rien. Qu’un vide indécelable.

Et puis, quelque chose. Un dos. Il sentait un dos. Ce fut bref, mais pour une fois depuis un bon moment, il sentait quelque chose. Il sentait qu’il était quelque chose. La sensation était certes bien camouflée, tout le contraire d’un Sram avec des grelots, n’était qu’à peine perceptible. Mais pour une fois, ce fut une preuve de son existence. Pathétique, mais ce ne dut qu’un début. Le début d’une chose. À moins que cela n’était qu’une continuation? Il n’en savait rien. Il ne sentait point sa tête. Une minute. Il sentit le dos de sa tête. Non, non, la tête n’a pas de colonne, mais bien le sentiment que le dos d’une tête était relié à son dos. Ce fut nouveau. Et ensuite, le dos de ses larges cuisses. À moins que cela n’était que son derrière. Il n’en savait que trop rien. Il se redécouvrait lui-même. Il n’avait même pas conscience de son existence. Enfin… Presque. Son existence se découvrait. Et puis. Le dos de ses bras. Le dos de son cou. Le dos de ses mollets. Et on enchaîne. Ce ne fut pas très long avant que tout les dos de ses membres se découvrent à son existence. Avec autant de dos… Les gens seraient forcément jaloux, eux n’étant pourvu que d’un seul dos.

Mais, ce ne fut pas tout. Tout bourdonnait. Il ne sentait rien. Pas encore du moins. Et puis, quoi de mieux qu’une senteur d’humidité et de vieux roc pour ce bon vieux nez? L’odorat s’étant pointé le bout du nez, il redécouvrait une panoplie d’odeur qu’il n’aurait souhaité reconnaitre. Ou même connaitre. Impossible de l’ignorer, ce fut trop présent. Mais c’était même dans le présent, malgré que sa mémoire sensorielle lui indique que cela lui était familier. Un peu trop même. Peut-être que ce souvenir dégoûtant, issue du passé, ne se reverrait pas dans le futur.

Moelleux. Enfin, quelque chose de bien à ressentir. Derrière sa tête, son dos… Son derrière également. Il aurait pu dire que c’était un nuage. Mais au poids qu’il pesait, il n’aurait pas tenu sur ce nuage. Il aurait probablement tombé comme un grêlon, ou même une averse. Une pensée le traversait pendant un instant. Un lit, peut-être? L’image du nuage entreprit la conversion vers celle du lit. Sans perversion, sans altération. Et avec cette pensée, un flot de souvenirs. Bons, et mauvais associés à ce meuble. Ce… Truc, ouais. Et puis, il sentit tout.

Tout, tout… Exactement tout. Y comprit le seul truc qu’il ne voulait point sentir. Non pas cette odeur, mais ce fléau. Ce parasite. La seule chose qu’il voulait voir, sentir disparaître. Cette douleur. Ce mal de tête, qui lui semblait comme un forgeron qui son fracassait son marteau sur le crâne. Il entendit sa propre respiration. Irrégulière. Souffrante au même degré que cette douleur qui lui empoisonnait sa vie. Il vivait. Il n’y aurait pas cru avant. Il était en vie. Il bougea sa main. Et quelle grosse main dont il était pourvu, cela en était presque… Délirant. Sans poudre. Sans s’être enfariné le museau. Et puis, ce n’était franchement pas son style. Il se reconnaissant dans ce gros corps. Presque sans une once de gras. De moelleux. Cela confirma sans aucun doute qu’il n’était pas un lit. Il était temps.

- Je n’y crois pas… Ce cadavre bouge enfin, nom de… Quoi?! IL BOUGE?!

L’exclamation parvint à ses oreilles quelque peu pointues. Il pouvait entendre, pour la première fois. Après l’odorat, le toucher… Ce fut son ouïe. Et cela avait provoqué une réaction. Un mal de bloc, une couche de plus pour sa pauvre tête. Il en avait reçu plein les tympans. Ce n’était qu’à peine s’il en avait déjà. Au moins, il savait que cela existait. Ou tout du moins… S’en souvenait.

- Ramène tes fesses dodues de Bworkette ici, il bouge!
- Ferme ton clapet, veux-tu? Tu dois rigoler, encore?
- Pour ton derrière?
- Non, pour lui, imbécile!

Un rire gras était venu appuyer les dernières paroles, et un retentissent coup de poing se fut entendre. Il l’entendit clairement. Et ce fut presque drôle à l’entendre. Un bon vieux souvenir. Il tentait de soulever les paupières… Mais elles étaient aussi lourdes qu’une montagne d’Astrubiens. Non, vraiment, sans exagérer. Il se contenta de ne rien faire. Mais il ne réalisait pas que c’était ce qu’il faisait de mieux, ces derniers temps. Un soupir de surprise, et un étouffement.

- Aïe! Mais ça ne va pas, la tête?
- En tout cas, mieux que le bout de chair que t’appelles ta tête, faiblard.

Il réussit à soulever une paupière, mais elle retomba aussitôt. Mais même pour le court instant dont il put voir quelque chose… Il s’en était prit plein les rétines. Le bourdonnement qu’il ressentait dans tout son corps commençait à disparaître, pour laisser place à des perceptions plus nettes. Ce fut le bienvenu. Et puis… C’était quoi, cette odeur, tout d’abord? Il renifla légèrement.

- Hein? Il doit sentir quelque chose.
- Sûrement tes royales aisselles.

Un autre rire gras, mais cette fois-ci, coupé d’un coup par un bruit sourd. Le poing direct dans l’estomac. Il en savait quelque chose, cela faisait souvent le même bruit quand il le faisait lui-même. Ce fut soudain un rire féminin qui remplaça la complainte silencieuse du semblant de voix de gamin.

- Ça sent le sapik.
Cette voix-là, était rauque, profonde, et rouillée. Ce fut étonnant pour un bref instant à ses oreilles.
- Ouais, je sais, c’est le savon que-

La voix féminine s’interrompit brutalement, et pendant l’ombre d’un instant, l’on pouvait entendre le silence. Enfin, un mostiko volé, mais comme il n’y en avait pas… Ce fut la conclusion qu’il en tira. Quelques longues secondes s’écoulaient, avant qu’il ne comprenne que cette voix… Venait de lui. Il se redressa lentement, comme pour s’asseoir un instant. Il sentit un infime poids s’enlever de son haut de corps, et utilisa la grosse main qu’il avait découverte auparavant, pour se masser les paupières longuement. Pour les délester d’un poids qu’il les empêchait de voir. Il ouvrit les yeux à demi.
Seulement pour voir les deux personnes auxquelles il s’y attendait le moins.

- Mais… c’est une blague…? Il est… Vraiment…?

Lui aussi, espérait que c’était une blague. Parce qu’il ne l’a trouvait vraiment pas… Mais vraiment pas amusante. Et cela se sentait. Mais pas autant que cette odeur de sapik, qui semblait jusqu’à lui transpercer les pores de la peau. Une fraicheur peu commune, saisonnière, et de même irritante. Il y avait une sensation très particulière qui paralysait ses toujours imposants muscles. Une impression d’avoir hiberner pendant des saisons entières, tapis sous un lit de feuille. Un peu à la manière Sadida, mais de nature involontaire. Il n’était du genre à la paresse. Parfois même, il semblait au ralenti, comme un Xélor. Ces sens étaient encore embrouillés légèrement.

- Je retourne le commentaire. Et je veux une explication.
Il se brouilla le visage encore une fois, sa vision n’étant pas tout à fait juste. Il semblait y avoir un nain dans la pièce ouverte où il se trouvait, ainsi qu’une autre personne. La femme, mais son visage… Ne lui disait rien. Très certainement, elle le cachait derrière un masque de fer. Le petit homme regarda très sérieusement le Iop, et ensuite la ‘demoiselle’ masquée.

- Si je lui explique, il ne risque pas de saigner des oreilles?
- Ne me prend pas pour ce que je ne suis pas, parce que je vais t’éclater la-
- Heh, lui, c’est mon Poutch Ingball, alors j’ai l’exclusivité de le frapper.

Il roula des épaules, et se croisa les bras lentement, en relevant un sourcil à l’endroit de la femme. C’était assez particulier. À l’entendre, nous aurions dit que ce fut la mentalité Iop vis-à-vis un Sacrieur. Le petit homme semblait visiblement être frêle. Pour la première fois depuis un bail, les idées se replacèrent. Ce masque, ce petit monsieur arrogant, et cette manière donc elle balançait le coup de poing. Ce fut un sentiment qui combinait la rage, le dégoût, et la surprise.

- Par l’épée de Goultard… Je peux savoir qu’est-ce que tout ceci signifie, larves immondes? Et pas de conneries.

Le «mioche» releva un sourcil épais, stoïque, et regarda de nouveau la femme masquée de fer, tandis que l’armoire à glace commençait à fulminer, ce qui n’était jamais bon signe.

- Je crois bien qu’il se souvient, finalement. Et… J’n’dirais pas que c’est de très bon augure. Bordel, quand je pense que j’ai dû doubler la dose rien que pour le calmer, la fois où…
- Ouais, ça va hein, je comprends, le théoricien.

Elle braqua ensuite la tête vers le grand gaillard, qui, le torse hors des couvertures, respirait plus ou moins fortement. À comparer avec un Minotoror anticipant le rouge, pour faire une petite idée. Elle se croisa les bras alors qu’il fit le mouvement pour s’extirper de son lit.

- Premièrement, reste là où t’es enveloppé. Ce n’est pas que je n’apprécierai pas la vision, mais tu n’as pas quelque chose pour cacher. Et avant de péter un plomb, tu ne serais peut-être pas réveillé si ce n’était pas de nous, triple idiot.

L’hésitation se fit sentir dans le geste du gros gaillard, qui se retenu de tout geste agressif, ou même révélateur, dans le contexte adulte qui s’impose. Un regard de confusion, infusé d’embarras et doublé d’une couche d’interrogation fut posé en la direction de la «gêolière». Il grogna faiblement, avant de se recoucher dans son lit.

- Enfin, surtout de moi… L’aspect médecine, c’est le morveux au saros, juste là. Mais le reste… Bon, hein.
- Cela fait combien de temps?
- Depuis la dernière fois?
- Tout juste.
- Quelques mois.

Il prit un moment pour digérer la surprise? Il ne souvenait même pas de comment il aurait pu arriver dans ce trou à sousouris, et déjà, on lui révélait qu’il était étendu depuis des lustres sur ce lit. Quoique qu’admirablement confortable, il était surpris qu’il n’est pas défoncé le matelas après tout ce temps passé, immobile. Enfin, s’il l’a été en permanence.

- …Bon sang.
- Et tout le monde croit que tu es mort, également. Mais comme tu le constates… Bah, tu ne l’es pas.
- …Tu déconnes… Bouse de Dragondinde! Et dire que… Que…
- Que quoi?
- …Que je lui avais dit que je n’allais pas la quitter ou disparaître et…
Un petit rire ironique parvint à l’oreille du grand Iop, qui adressa un sourcil relevé caractérisant l’irritation à la détentrice de ce… simple parjure.
- Écoute, mon mignon… On ne fait pas de promesses à une femme, surtout si on est sûr de les respecter.
- Ne m’appelle pas comme ça…
- Malgré que c’est vraiment dommage. Pour elle. La pauvre, elle semblait tellement être-
- Ferme la, ou je t’explose la tête si tu veux vraiment me narguer comme ça. Tu crois que ça me fait plaisir, d’être prit ici, impuissant devant tout ce bordel? Nah mais oh.
- …Désolée.
- Hmph.

Ce fut un brin surprenant de l’entendre s’excuser. Étrangement, cette scène lui semblait très familière. Répertoriée dans des souvenirs plutôt sombre de son passé. Des vérités, et événements qu’il aurait préféré avoir oublié pour de bon.

- Continue de faire la gueule de milimulou si cela te chante, mais je te conseille d’ouvrir des deux oreilles. Comme dit
plus tôt, je t’explique ce qui c’est vraiment passé.

Après un moment d’un silence marqué peut-être d’un pet silencieux du nain au saros, il braqua le regard de nouveau vers la femme, avant de laisser tomber un soupir. Il ne pouvait l’ignorer éternellement… Surtout quand ils se situaient dans le même endroit, bien évidemment. Et son attitude assassine n’aidait pas grandement la communication. Cependant, ce fut justifié, et malheureusement, elle ne le savait que trop bien, surtout avec la relation particulière qu’elle avait entretenue avec le solide homme qu’il était devenu. Et, en toute honnêteté, ce n’était guère… agréable par moment. Enfin, pour lui.


Le silence semblait régner dans la petite pièce, et elle semblait hésitante à se prononcer, comme convenu quelques instants plus tôt. Le grand homme expira profondément, exaspéré par l’attente quoique courte de savoir le fond de l’histoire, ou de la teneur du mensonge qu’elle allait lui fournir.

- T’as été attaqué par surprise.

Il ne put cacher, retenir, ce bon vieux sourcil épais qui se releva. L’incompréhension pouvait se lire sur son visage à peine marqué par sa courte existence. Quoique l’espérance de vie d’un Iop est généralement assez courte, et pour des raisons évidentes.

- Pardon?
- Ah, ouais, tu veux les grandes lignes.
- Bien sûr, voyons.
- Pour tout te dire, cela s’est produit à Madrestam. Le soir. Tu finissais de charger des caisses dans un navire. Tu étais également seul sur le quai. Enfin, presque. J’observais de loin et…
- Tu m’observais?
Le «mioche» au saros blanc tâché d’une quelconque substance qui aurait vraisemblablement séché depuis belles lurettes, qui affichait une mine stoïque, lâcha un soupir avant de déclarer ;
- Laisse-la finir, veux-tu? Il y a des choses plus importantes que le syndrome de voyeurisme dont elle souffre, d’accord?

L’Eniripsa resta de marbre quelques instants avant qu’un sourire moqueur apparaisse sur son visage, et qu’un rire du même type ne franchisse ses lèvres légèrement fissurées. Rapidement, le «Hin hin hin» se transforma en étouffement suivi d’un râle prolongé. Gracieuseté du coup de poing de la demoiselle au masque d’acier, qui lui a écrasé l’estomac. Peut-être que la leçon aurait pu être convaincante pour certains, mais l’Eniripsa était un sérieux récidiviste en matière de désobligeance et de blagues au goût douteux. Il se frotta les cheveux rapidement, ceux-ci étant apparemment et sans l’ombre d’un doute en pagaille et et crasseux, avant de se redresser, ravalant quelques autres insultes destinées à cette dernière.

- Comme je le disais, j’ai assisté à ce cirque. Ils étaient cinq dont un en retrait, si je me souviens bien. Ils ont frappés très vite. Quelques coups de poignard et de massues, et ils t’ont laissés… Bah, là, pour mort. Je suis arrivée trop tard, mais…
- Mais?
- Je suis arrivée juste à temps pour éviter que tu crèves, mais il s’en est fallu de peu.

C’est à ce moment que le frêle Eniripsa s’avança calmement et prit la parole d’un air totalement détaché. C’était à peine s’il y avait une once de tact, ou de compassion.

- Sérieusement, toi-là, mon grand poteau sans ciboulot, tu as été le pire cas que j’ai été forcé de traiter. Quand tu es arrivé ici, tu es tombé dans un profond coma. Ça, je peux te l’affirmer, et la gravité de tes blessures n’en faisait pas une tasse de thé. Le genre de truc qu’un Sacrieur a tendance à qualifier de service complet, sauce sanglante. Tu me dois la v-.
- Ferme-la, minus, il ne te doit rien. Tu voulais le laisser crever simplement parce que tu avais «une crampe au bras».

Le gros gaillard tourna son regard vers le «nabot», un qui se transformait rapidement en regard assassin. Le genre de paire d’yeux qui n’est jamais rassurant d’avoir sur soi, surtout compte-tenu de la supériorité physique flagrante.

- Arrête, tu vas me faire penser à ce monstre que l’on appelle-

Un autre coup bien placé vint interrompre l’Eniripsa au saros blanchâtre, qui se plia lentement en deux. Décidément, ele savait s’imposer avec lui. Mais pour l’invité par contre, c’était étrangement familier. Elle se tourna vers lui, la main gauche posée sur sa hanche, mine de rien, et lança un avertissement.

- Écoute, il y a quelqu’un qui croit que tu es mort, et n’aimerait pas assister à une résurrection subite. Donc, tu restes ici.
- Pas question.
- Et de toute façon, tu n’as pas trop le choix.
- Elle a raison. Tu crois sincèrement que ton corps va supporter une petite escapade vers d’autres cieux, directement
après ton réveil, cervelle de Iop? Pas trop certain. D’ailleurs… Dit le toubib.
- …Quoi?

Le frêle Eniripsa fouilla dans sa poche, sourire moqueur suspendu à ses lèvres, et en retira prestement une petite horloge Xélor portative, en commença un décompte à haute voix.

- Trois, deux, un…

La pièce se remplit du son typiquement agaçant d’un gargouillement qui, au début, bien que faible et aigu, se prolongea rapidement et prit l’apparence d’un grondement sourd et caverneux. Le colosse se posa une main sur le ventre, et fit une grimace franchement immonde à regarder, avant de lâcher le fatidique et prévisible ;

- …J’ai faim.

Étant donné que la femme portait sur son visage ce masque de fer plutôt épais, il était impossible de traduire l’expression qu’elle devait arboré, et cela laissa le loisir au colossal observateur de deviner entre la moquerie, le stoïcisme, l’exaspération ou tout autre émotion pouvant possiblement être ressenti.

- Ne bouge pas, mon gros, c’est patate et steak de Bouftou pour aujoud’hui.
- Si ce n’était que de moi, ce serait requin aux épices des deux cités. C’est juste qu’en ce moment…
- … Pas trop la pêche?

Le grand homme roula des yeux longuement, ce qui n’était pas très perceptible puisqu’il n’avait pas de pupilles. Cependant, le soupir qui suivit fut un bon indice de l’exaspération qu’il ressentait. Vrai, cet Eniripsa était vraiment nul. Ce n’était donc pas étonnant pourquoi la femme le frappait sans cesse, outre que pour un plaisir purement sadique. À vrai dire, c’était presque aussi tentant que de taper joyeusement sur un Sacrieur en mal de sensation forte, implorant à genoux pour un quelconque supplice. Cependant, tandis que la pensée circulait tout bonnement dans l’imagination autrement fertile de l’adulte presqu’au sommet de son art, il fut prit de vitesse, et rapidement en plus. Un retentissant coup se fit entendre, et déjà, le piètre blagueur se tordait de douleur, tout en proférant des insultes toutes plus surprenantes que les autres. Si son souffle ne lui avait pas été si violemment retiré, il se serait attiré de nouvelles salves de coups. Mais heureusement pour lui, tout ceci n’était guère audible.

Le gros gaillard s’étira de tout son long pendant un bref instant, avant de masser ses larges avant-bras tout doucement, question de se réchauffer les muscles, avant un effort d’un quelconque ampleur, soit tenir l’assiette qui lui serait offerte bien assez tôt. Il ne va pas sans dire que son imposante charpente musculaire en avait véritablement besoin. Mais dans tout les cas, cela lui faisait un bien immense. La certaine pensée qu’elle s’y appliquerait à sa place aurait peut-être été plus séduisante si ce n’était pas d’un certain passé gardé bien secret dans sa mémoire, teinté d’un fond de brutalité guère plaisant. Il n’était point Sacrieur.

Après un bref moment où elle semblait contempler son chef-d’œuvre de correction, elle leva la tête vers le grand gaillard. Et selon l’impression qu’il en tira à ce même instant, c’est qu’elle l’observait, voire le dévisageait. Cette sensation d’inconfort refit surface, lui montant dans les tripes, mais il se faisait un devoir de rester de marbre. Et ce, avec une impression qu’une pensée pas très saine lui flottait dans la tête. Le silence semblait avoir duré une éternité, avant qu’elle ne prenne la parole.

- Je sais à quoi tu penses. Et je te suggère fortement d’arrêter d’y penser.

Interloqué, il l’examina de haut en bas, à la recherche de quelconque indice sur l’état d’esprit de la femme, qui semblait jeune de corps. Mais il n’en retira rien de bon.

- Et à quoi suis-je supposé penser?
- À aller te balader tout doucement dehors une fois que t’auras mangé et reprendre ta vie là où tu l’avais laissé.
- Euh…

Il ravala sa salive lentement, et son regard se baissa lentement tandis qu’il hocha de la tête timidement. Il parvint à balbutier un faible «Ouais» avant de se passe un main sur le visage. Elle était vraiment perspicace, cela en était surprenant.

- Si tu veux, par contre, on va pouvoir prendre l’air quelques instants. Question de te réhabituer.
Il ne répondit que par un silence prolongé, et elle rajouta le nécessaire pour satisfaire sa condition.

- …Je vais te donner tes caleçons et tes vêtements avant, hein.


Il esquissa un demi-sourire faible, pencha la tête sur le côté, et la hocha légèrement d’un seul mouvement en sa direction. C’était tout ce qu’il demandait, et, après avoir observé la façon dont elle traitait son assistant (ou son poutch ingball, au choix)… Il était en droit d’avoir certains doutes sur la façon dont il allait être «pris en charge» par cette dernière. Elle lui tourna le dos lentement, et se dirigea vers la sortie (enfin, c’est ce qu’il supposait) de la pièce. Salle qui possédait quelques caractéristiques lugubres comme le minuscule squelette d’une sousouris à la droite de son lit, et quelques toiles d’araknés par ci et par là. Fraiches. Les murs étaient fait de pierres de craqueleur pas tout à fait bien taillées, mais qui suivait un placement stratégique et conventionnel à toutes les caves et tout les donjons datant de l’Aurore Pourpre. Dans le type «ancien et démodé», c’était la référence.

- Je reviens dans quinze minutes, Malagar.

Le temps sembla se figer à ce moment-là. Ce fut difficile de traduire l’expression qu’arborait le visage du grand jeune homme. C’était quelque chose situé entre la stupeur et la surprise. Les questions se chamboulaient chaotiquement dans sa tête. Elle le connaissait vraisemblablement mieux que ce qu’il anticipait en premier lieu. Il se massa le front lentement, déboussolé, tentant de chercher le pourquoi, mais en vain. Il y avait un pressentiment qu’elle lui était étrangement familière. Une fois que la pièce lui offrit une simili-solitude, l’Eniripsa ayant suivi peu après le départ de la demoiselle au masque d’acier, il pensa à voix mi-élevé;

- Mais… Comment elle sait… Je… Bouse.

Il se frappa vivement le front avec la paume de sa large main droite, question de se secouer la tête un tantinet. Mais rien à faire. Seules les complaintes de son estomac ainsi que ce parfum subtil de conifère lui portaient compagnie. Et puis, ce silence total. Oppressant, lourd.
Presque insupportable.

Foutu sapik.
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Malagar
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MessageSujet: Re: Les Cendres de la Brutalité   Mer 6 Juil - 17:19

[Chapitre un peu plus court, mais cela couvre l'essentiel pour le moment. Bonne lecture!]

Chapitre II : Mort ou vif


Traqué.

Voilà ce qu’il était. Elle l’avait bien mis en garde, mais il n’avait qu’à sa tête, comme d’habitude. Et cela prit un temps avant qu’il ne s’en rend compte, lui étant toujours fidèle à soi-même. Sa soudaine apparition en Amakna avait très subtilement éveillé les soupçons. Tellement subtilement que des avis de recherche avait été posés en très large quantité au travers de tout le pays. Encore, à Bonta, c’était sûrement le seul endroit où il pouvait encore bénéficier d’un havre de paix, puisque les individus de la cité prenait presque en gloire ceux qui était recherché activement par les disciples de Rushu. Mais, Malagar n’y prenait pas plaisir du tout.

Et loin de là. Il en avait traqué, des cibles, durant son entreprise en mercenariat. Des monstres, des ressources, ou encore même des personnes… Il s’y était fait d’être le chasseur. Que ses proies ne lui échapperaient guère. Mais maintenant, il comprenait ce que ça faisait, d’être la proie. D’être le chassé. Et franchement, ça frappait surtout sa fierté. Il en venait de toutes sortes, et heureusement pour lui, les types étaient de vrais amateurs. Des aventuriers, des Astrubiens… Et même des chevaucheurs de Karne et des Bworks s’y étaient mis. Tous aussi peu subtile les uns que les autres. Plus souvent qu’autrement, il n’avait même pas à se battre, puisqu’ils fuyaient dès qu’il le voyait, ou dès qu’il agitait son épée. Et quelques minutes auparavant, le même manège s’était produit. Mais celui-ci était d’autant plus ridicule qu’il ne l’aurait imaginé.

- Rends-toi, gros géant de la Montagne des Craqueleurs, tu me fais pas peur!

Malagar ne put s’empêcher de hausser un sourcil, étant de dos à la personne qui «osait» le provoquer en combat. Il se retourna lentement, de son imposante stature, et peina un peu à trouver son assaillant. Il baissa la tête, en ajusta son casque Keutumedi et soupira. Celui qui était venu pour prendre sa vie, cette fois-ci, c’était un jeune garçon, à peine âgé de quelques années. Il portait des vêtements d’usage de la vie de tous les jours, mais était armé d’une vulgaire épée en bois, et d’un tronc d’Abraknyde desséché en guise de pavois. C’était à peine si ce bouclier de fortune s’émiettait à chaque mouvement que l’enfant faisait. Il agita son jouet lui servant d’épée devant Malagar, question d’intimidation un peu plus poussé. Il prenait son rôle à cœur.

- Je vais te battre, et te ramener là d’où tu viens!

Poussant un cri de guerre carrément strident de sa petite voix juvénile, le petit garçon chargea le colossal guerrier, et ce dernier s’acharna avec son épée de bois, et sa maigre force sur la jambe de Malagar. L’épée se heurtait fréquemment avec la plate de son armure, sans causer le moindre bosselage. Cela aurait été drôle, si ce n’était pas la cinquième fois aujourd’hui qu’il se faisait intercepter alors qu’il se baladait en Amakna, pour diverses raisons. Il se trouvait proche du village à ce moment-là, et l’endroit affluait de monde. Il laissa l’enfant s’épuiser un peu sur l’adversaire tellement rigide qu’était sa jambe gauche recouvert de son armure noir de nuit, et le regarda, en soupirant.

-… T’as fini?

Le petit semblait à bout de souffle après ce combat titanesque, et après un moment où il arrivait enfin à respirer à peu près normalement, il se recula, et pointa son épée dans les airs, d’un air très sérieux. Enfin, Malagar se retenait de sourire, afin de ne pas trop le froisser, mais il savait à un moment où un autre qu’il en aurait vraiment marre du courageux petit. Et puis, qui serait vraiment assez stupide pour frapper un simple gamin? Sûrement pas lui. Enfin, personne de constitution normal ne le ferait. Sauf s’il s’agit d’un maître Xélor, mais encore, il en profiterait pour pratiquer ce bon vieux sport Iop qui s’appelle «Le lancée du Xélor», sport de taverne très en vogue.

- Maintenant que tu es vaincu, tu vas venir avec moi, et j’pourrai toucher la récompense!
- La récompense?
- Bah, oui, avec ça, je pourrai m’acheter autant de friandises que je le souhaite.

À la mention de friandises, les yeux du jeune garçon semblait s’agrandir anormalement, comme si le sucre semblait être une espèce de fontaine de Phénix, ou tout ce qui peut être convoité à grande échelle à cause de ses effets uniques et sans pareil. Malagar soupira en silence. C’était nouveau, ça. Une récompense pour sa tête. Ça prenait de l’importance à chaque jour, c’était stupéfiant. Encore plus de problèmes en vue, ça, c’était certain.

- Et tu as vu ça où?
- Il y a plein d’affiches dans le village! J’tente ma chance, c’est tout.
- …Et combien il offre?

La question semblait avoir trouvé le point faible mental du très jeune garçon. La bulle de morve qui se formait à une de ses narines semblait indiquer que l’effort mental requis semblait surpasser ses maigres capacités. Après quelques minutes, et quelques bulles éclatées, il répondit enfin.

- Beaucoup. Mais j’n’sais pas compter.
- Non, mais par Goultard… J’vais voir ça moi-même.
- Pas question que tu files! J’veux mes friandises! Nah!

Décidément, il était sur le point de piquer une crise enfantine sur cette histoire de confiseries. C’est alors que Malagar tenta quelque chose de bien bête, mais qui allait sûrement porter ces fruits. Il posa un genou au sol lentement devant le jeune garçon, le dépassant encore d’une tête à cette position, et fouilla dans sa giberne, où il en ressortit quelques pièces bien réelles de Kamas. Cinq au total. Rien d’impressionnant, mais si les connaissances du colosse de Gaulmes étaient juste, il ne ferait sûrement pas la différence, puisque la notion de la valeur des Kamas faisait plus souvent qu’autrement défaut aux jeunes enfants.

- Écoute-moi bien petit. Avec ça, tu vas pouvoir t’en acheter un bon sac à la boulangerie. Mais promets-moi une chose.

Malagar ouvrit la main du petit garçon, avant de lui glisser les pièces dans le creux de sa petite main, et de la refermer doucement par-dessus, avant de se relever de tout son long.

- Files, et retourne chez toi. Tes parents doivent te chercher.

Le petit hocha de la tête, mais le plan qu’il avait était toutefois différent. Avec les pièces que le gros type menaçant lui a données, il allait pouvoir s’en donner à cœur joie! Du moins, autant que les nouveaux moyens lui en permettra. Ce fut donc avec un soulagement immense que l’ancien soldat Bontarien regarda le jeune rassemblé ses choses, et détaler vers la boulangerie la plus proche. Si pour un Enutrof, donner de l’argent était l’interdit le plus total, il trouva que ses cinq Kamas étaient bien investi. Enfin, sûrement pas pour la pauvre mère qui doit se battre d’arrache-pied pour lui faire manger ses légumes, mais pour lui garantir la paix pendant au moins un bref instant, c’était très peu cher payé. Mais la mention de ladite récompense lui ayant piqué la curiosité, cela lui laissait un arrière-goût amer dans la bouche. Encore plus amer que l’eau réchauffée de sa gourde métallique, dans sa giberne. Giberne qu’il gardait caché sous sa grande cape sombre, à l’abri de tous les regards indiscrets, et de la portée d’un Sram. Mais, il devait en avoir le cœur net. Peut-être était-ce de la folie que de s’aventurer un peu plus loin dans le village, au risque d’attirer l’attention des foules au moindre faux pas. Mais cependant, la curiosité remporta un autre combat crucial dans l’esprit de Malagar, et le motiva à prendre la courte route qui le séparait encore du village d’Amakna.

La marche ne prit que l’espace de quelques minutes, tout au plus. Une main protégée par le gantelet de plate chauffée au soleil était posé sur la garde de son épée, accrochée à sa ceinture. Une mesure instinctive qui lui permettrait de dégainer facilement son arme en cas de problème, qui devait relever un peu plus de la méfiance constante, voire d’une certaine paranoïa légère qui l’affligeait depuis la première embuscade. Et puis, une fois rendue près de la forge, non loin du Zaap qui servait souvent de lieu de rencontre, il fut stupéfait. Des affiches, partout. Sur tout les murs, les bâtiments, même les fenêtres. C’était à peine s’ils n’avaient pas mis des affiches sur les carrosses des nourrissons promené par les nouvelles mères d’Amakna. Il s’avança près d’un mur, grommelant, avant d’arracher la première affiche qui lui tomba sous la main. Et avant de le réduire en confettis, il y jeta un œil. Les caractères étaient bizarres, peut-être sorti d’une presse industrielle rudimentaire, mais c’était drôlement efficace. Franchement, il se souvenait d’une journaliste qui faisait mieux et donc le contenu n’était pas susceptible de le mettre dans l’embarras. À moins qu’elle ait décidée de faire un article sur lui, décrivant le peu de crédibilité qui émanait de lui. Ce qu’il doutait fort bien.

‘’ RECHERCHÉ – Malagar Lagoras’’
Les caractères étaient plutôt voyants, utilisant un rouge flamboyant, très propre à Brâkmar et ses fidèles. Sa description physique y figurait, et une image de lui d’une ressemblance troublante était placée en plein milieu de l’affiche, de bonne dimension. Après, ses yeux se posèrent sur le restant du texte, sous son portrait.

‘’Le Iop est accusé de crimes de guerre contre Brâkmar, de meurtres de gardes sans défense, de complot et d’assaut grave. S’est évadé de la prison où il était détenu le 23 Joulier 638. Attention, est un homme extrêmement dangereux. Est condamné à l’exécution par décapitation, ou écartèlement, pour l’amusement public des citoyens de la cité Brâkmarienne, suite à un emprisonnement de 50 ans.

Récompense pour sa capture/mise à mort: 250 000 Kamas sonnants et trébuchants.*
Pour de plus amples informations, veuillez vous référez au sous-intendant de la Milice à Brâkmar.
*Payable avec présentation de la tête du recherché aux autorités responsables. Sujet à une augmentation de prime.’’

Le Iop resta silencieux pendant un moment, et sombra dans des pensées obscures. Des souvenirs auxquelles ils ne pouvaient se dissocier. Sa détention dans les sombres donjons de Brâkmar, quoiqu’il ne se souvienne que de fragments incomplets, était sans l’ombre d’un doute d’une douleur inconcevable à son esprit. Non. Il ne désirait pas que cela se reproduise. Mais avec toutes ses affiches à proximité, qui semblait être posé dans tous les recoins possibles de l’Amakna… Cela risquait fort bien de répéter la malheureuse histoire. Et ça, il devait éviter à tout prix. Hors de question de retourner là-bas. Réprimant sa colère, il déchiqueta l’affiche qu’il avait entre ses grandes mains, et poussa un grognement très bas. Mais, soudain, lorsqu’il reposa les yeux sur le mur extérieur de la forge, il fut surpris de constater d’un autre avis de recherche s’y trouvait, au même endroit. En haussant un sourcil, il l’arracha à son tour. Et puis une autre. Et encore une autre.

- Non, mais on se fiche de moi, là?

Il les arracha. Encore et encore. Des tonnes de copies. Le sol était déjà truffé de confettis d’avis de recherche après une minute de ce manège, avant que le colosse Gaulmien n’abandonne. Décidément, il devait y avoir une espèce d’enchantement sur ces parchemins leur permettant de se reproduire indéfiniment. Tout pour lui nuire, en fait. Il poussa un soupir silencieux, et vint pour quitter les lieux.

- Mais… Attendez. C’est lui! Il est là! ATTRAPEZ-LE!

Malagar regarda rapidement du côté du hurlement, qui provenait de l’Est. Ce n’était pas un, non pas un groupe… Mais bien une foule de paysans, marchands, enfants, et bonnes femmes qui brandissaient des armes variées vers lui. Allant de fourches et d’ustensiles à des haches et des épées de mauvaise facture. Même si ces gens n’étaient pas entrainés dans les arts militaires, ils étaient vachement plus nombreux que lui. Et puis… Bien que le gentil colosse ait toutes les raisons du monde pour en massacrer quelques-uns pour assurer sa défense, il n’était pas fou. C’était des gens normaux, des innocents. D’accord, hostiles et agressifs, mais Malagar n’avait simplement pas le goût de verser le sang. Bien que la doctrine Iop prêche d’affronter tous ces gens, une autre doctrine venait la contredire, soit ; « Nous ne battons pas en retraite, nous avançons dans une direction différente. » La main posée sur la garde de son épée se releva, et il tourna des talons rapidement, avant de détaler vers le Sud, lien du village. Et dès lors, ce fut la course-poursuite. Ces gens tenaient véritablement à la récompense, puisqu’il le suivit au pas, en poussant un hurlement en cœur digne d’une foule en colère, ou d’un troupeau de bouftous enragés. Il sauta par-dessus une clôture basse, qui séparait les limites du territoire de la forge, et prit la direction de la montagne basse des Craqueleurs, qui semblait drôlement vide. Peut-être était-ce dû à l’immense masse de personnes tentant de le suivre, et que ceux-ci, craignant pour leur pierres précieuses tant convoités par les aventuriers, est détalé également.

Malagar était loin d’être un excellent coureur, mais il parvint à semer les moins endurants de la troupe après quelques minutes, soient les plus dodus. Les Sadidas principalement. Pour les autres, il arrivait à prendre qu’un peu de distance à chaque instant qui passait. Cependant, alors qu’il s’enfonçait plus profondément, un Crâ aux cheveux noirs se détacha du groupe, et commençait à se rapprocher du Iop en fuite. Il n’était pas très baraqué, pas très musclé, mais il était franchement rapide. Pour chaque mètre de distance qu’il franchissait, Malagar n’en faisait que le trois-quart. Ce ne prit que quelques instants avant que celui-ci ne l’atteigne, et le suive de très, très prêt. Au moment où il sentit la main du Crâ se poser sur lui pour tenter de le ralentir, il serra de ses poings gantés, et dans un mouvement de torsion vers la droite, asséna un violent coup de poing du revers. Le rapide jeune homme perdit l’équilibre, ébranlé par la frappe, et tomba par terre dans sa course. Peut-être même qu’il allait ralentir les autres, le temps que le Iop baraqué atteigne la forêt, là où les perdre de vue serait d’avantage aisé pour lui que sur ce flanc de montagne ouvert. Mais il commençait à sentir l’épuisement le prendre alors qu’il arriva à la cime de la gigantesque forêt d’Amakna. Et il se sentait ralentir dangereusement. Alors qu’il franchit quelques dizaines de mètres dans la forêt, il sentit une main l’agripper, et le tirer violemment dans un gros buisson. La force derrière cette main était gigantesque, surtout avec l’effet de surprise. Une autre main vint lui couvrir la bouche presque instantanément, le réduisant au silence le plus total. Même sa respiration forte due à l’effort intense déployé durant sa course.

Mais il sentit une odeur, un parfum assez particulier alors qu’il voyait défiler le nombre considérable de chasseurs dans la forêt, dans un vacarme plus qu’absolu. La main était étrangement douce. Ses yeux s’agrandirent lentement. Il y avait comme ce truc qui venait lui chercher l’odorat. Invasif, presqu’autant que la personne qui osait raffoler de cette senteur. Et il comprit qu’il n’allait perdre sa tête aujourd’hui. Enfin, selon la volonté de la personne l’ayant attiré dans ce buisson. Et puis, un chuchotement à l’oreille.

- Je commence à croire que t’as une cervelle de suicidaire, toi…

Une voix féminine. Pas très rassurante par le souvenir de la personne derrière, mais tout de même assez pour ne pas trop craindre pour son intégrité. Mais il pensa également qu’elle devrait changer de parfum, quoique ce fût franchement mieux qu’une odeur d’aisselles de Bworkette.
Encore du sapik.
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Les Cendres de la Brutalité
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