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 Nouvelle génération

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Kid-Spirit
Cyber-Féca
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MessageSujet: Nouvelle génération   Jeu 28 Juin - 9:38

Prologue : Fin d’un Féca – Le chaos

Le ciel, ce jour-là, était envahi par les nuages, toutes sortes de nuages, des gros et des petits, des noirs et des un peu moins noirs, mais il n’y en avait pas un qui aurait pu laisser penser que le soleil allait bientôt revenir. Les Corbacs mêmes semblaient effrayés par tant d’obscurité, au point de ne pas vouloir bouger de leurs arbres. Cependant, il n’y avait pas une seule goutte de pluie, pas un seul coup de tonnerre. Un peu comme si le temps s’était arrêté juste avant le début d’une terrible tempête. Plus rien ne semblait vivre. Et si l’on n’entendait pas souffler le vent et coasser quelques crapauds, on aurait pu définitivement penser qu’il n’y avait plus âme qui vive dans le monde. Les maisons, toutes les maisons, sans exception, étaient entièrement fermées. Il n’y avait quasiment personne dans les rues de Bonta, de Brâkmar, d’Amakna ou d’Astrub. Les quelques rares habitants que l’on pouvait espérer croiser n’était que des fous, des prophètes à la noix qui n’avaient même plus la force d’hurler leurs inepties. Eux-mêmes étaient, intérieurement, réfugiés dans une peur intense. Ils regardaient, apeurés comme des petits Chienchiens que l’on viendrait d’abandonner, cherchant du regard une quelconque source de réconfort. Mais ils n’en trouvaient pas.

Dans la forêt d’Amakna, les Abraknydes se confondaient avec le reste des arbres, préférant ne pas montrer qu’ils pouvaient vivre. Plus aucun animal ne se baladait comme ils en avaient autrefois l’habitude. Les Araknes se cachaient dans le feuillage des arbres. Les Prespics, et c’était une première, avaient creusé des sortes de terriers, dans lesquels venaient parfois s’abriter avec eux un ou deux petits marcassins, dont les parents avaient disparus on ne sait où. Les Millimulous ne criaient plus, se cachant dans des recoins sombres de caverne. Les Sangliers les plus gros se joignaient à eux, ou investissaient des bâtisses abandonnées. Toute la faune de cette région, comme celle du monde entier, adoptait un comportement qui n’était pas habituel. Les anciennes querelles étaient terminées, ils vivaient ensemble, se serraient les coudes. Comme si ils craignaient tous quelque chose, un évènement hors du commun. Un évènement bouleversant, un évènement dont ils voulaient se protéger. Et les sages du monde, surpris par ce soudain changement parmi le règne animal, avaient recommandé à la population de s’enfermer dans leurs maisons jusqu’à nouvel ordre. Le Roi Allister lui-même n’osait plus bouger de son trône, de peur d’engendrer une catastrophe sans précédent. Tous avaient peur. Tous craignaient quelque chose dont ils ne savaient rien.

Au fond de la forêt d’Amakna, dans un endroit reculé du monde, une cabane isolée émettait encore un peu de lumière. C’était une vieille baraque de bois, pas bien grande, contenant seulement quatre pièces. Il y en avait une à l’étage, qui servait à priori de chambre, contenant plusieurs lits et autres armoires. Au rez-de-chaussée, deux pièces se juxtaposaient, composant le salon et la cuisine. Enfin, la troisième était reliée au reste par un mince couloir, relativement long. Elle donnait l’impression d’avoir été rajoutée après. A l’intérieur, de larges bibliothèques remplies de livre en tout genre se succédaient. Mais il y avait aussi des alambics et d’autres machines diverses servant à on ne sait trop quoi. Enfin, élément essentiel de la pièce, un bureau rempli de feuilles, de livres, de tubes et d’autres bricoles était collé au mur, juste en-dessous une assez petite fenêtre qui laissait, en temps normal, passer suffisamment de lumière pour que l’on puisse se repérer. Mais ce jour-là, une bougie était allumée sur le bureau, éclairant de sa faible mais suffisante lumière deux personnages. Les deux seules personnes qui se tenaient dans cette pièce.

Assis devant le bureau, un jeune homme, qui ne devait qu’à peine atteindre la trentaine d’année, écrivait sur un bout de papier quelques phrases, vraisemblablement une lettre. Il avait le visage creusé, des cernes d’une profondeur rare. Il était d’une maigreur assez extraordinaire, ne semblant qu’à peine plus gros qu’un enfant. On avait l’impression qu’il n’avait pas mangé ni dormi depuis plusieurs jours, ou même depuis plusieurs semaines. Plus étonnant encore, son bras droit était entièrement métallique, depuis l’épaule jusqu’à la main. Pas une seule trace de chair. En haut de ce membre d’acier, le symbole de la Déesse Féca était peint, bien qu’à moitié effacé. Sur son annulaire gauche, un petit anneau Objijevan se tenait endormi. Juste en-dessous du bureau, à ses pieds, une bassine remplie d’un liquide rouge ressemblant assez étrangement à du sang avait été posée. L’autre homme, bien plus en chair, était tout de blanc vêtu. C’était une espèce de costume assez chic, sans non plus être ostentatoire. Ses cheveux étaient noirs et impeccablement coiffés, à l’inverse de ceux du Féca. Il portait à la ceinture deux pistolets, encore quasiment neufs, preuve qu’il venait juste de les acheter ou qu’il s’en servait peu. Il se tenait à côté de la porte, un peu tremblant, le regard évasif, comme s’il attendait quelque chose.

L’homme au bureau finit d’écrire sa lettre et posa sa plume à côté. Il la lut une dernière fois à la lumière de la bougie, avant de se lever. Il fit un premier pas en direction de son compagnon, et s’arrêta quelques instants, semblant chercher son équilibre. Il regarda du coin de l’œil la bassine, puis reprit son chemin, un peu plus lentement. Arrivé devant l’autre homme, il plia devant ses yeux la lettre qu’il venait d’écrire et lui tendit, tout en lui donnant quelques instructions :

« -Tu vas te rendre au Zaap le plus proche avec Linra et Flora. De là, vous irez à la Montagne des Koalaks, et vous suivrez le plan que je t’ai donné tout à l’heure. Une fois arrivé devant la maison, tu donneras cette lettre à l’homme qui t’ouvrira. Il te dira quoi faire ensuite. M’as-tu bien compris, Edmond ? »

Le dit Edmond fit un signe de tête affirmatif, tout en prenant la lettre dans ses mains. Il n’osait pas prononcer un seul mot. Il se contentait d’écouter et de faire des signes de la tête pour répondre à son interlocuteur. Celui-ci, après un bref soupir, s’en retourna à son bureau, et s’assit de nouveau sur la chaise. Le peu de distance qu’il venait de parcourir l’avait épuisé. Il n’avait plus cette fougue d’antan, avec laquelle il aurait pu marcher durant des dizaines de kilomètres. Maintenant, un simple trajet de quelques mètres l’exténuait.

« -Pourquoi ne venez-vous pas avec nous, Monsieur Kid, demanda l’homme au costume blanc. Peut-être que… »

Un geste de la main de celui qu’il venait d’appeler Kid le fit s’arrêter de parler sur le champ. Pendant plusieurs secondes, un silence de mort se mit en place. Edmond n’osait plus rien dire. L’autre semblait réfléchir à ce qu’il allait dire. Finalement, au bout d’environ deux minutes, il se releva de sa chaise et, en essayant de bouger le moins possible, il se tourna vers son compagnon.

« - Penses-tu vraiment que j’ai envie que ma fille me voit dans cet état ? »

La question avait été prononcée sur un ton sec, froid, qui fit se dresser les poils du blanc costumé. Il le savait, pourtant, que c’était un sujet sensible, et qu’il devait éviter autant que possible d’en parler. Mais il n’avait pas pu s’en empêcher. Il ne voulait pas le laisser dans cet état, il ne voulait pas le laisser ainsi. C’est vrai qu’il avait plus la carrure d’un Chafer que d’un homme normal. Mais c’était plus fort que lui. Il n’avait pas le droit de le laisser, c’était son ami.

« -Mon temps est venu, Edmond, reprit-il plus doucement. Si j’étais optimiste, je dirais que j’ai encore une année à vivre… Mais ce n’est même pas le cas. Et tu sais tout comme moi qu’il n’y a pas d’antidote. Otomaï et moi avons cherché durant des semaines, sans rien trouver. Je me suis fait une raison. Il est trop tard maintenant. Que penserait Flora, si la dernière image de son père dont elle se souvienne est celle d’un mort-vivant ? Je ne serais qu’un poids pour vous. Vous avez encore du temps à vivre, il ne faut pas que vous le perdiez. »

Edmond baissa les yeux. Il n’aimait pas ce discours, mais il savait qu’il était vrai. C’était la réalité. Kid était maintenant dans un était plus que critique, frappé par un mal dont lui seul connaissait l’existence. Il n’avait jamais voulu lui dire quoi que ce soit à ce propos. Parfois, il réussissait à l’entendre murmurer quelque chose comme « Saleté de Xélor… », mais rien de plus. Depuis maintenant un peu plus d’un an, il avait passé le plus clair de son temps dans des laboratoires divers, dont celui d’Otomaï, avec qui il s’entendait à merveille, à chercher une solution. Mais aucune ne lui était apparue. Et puis, Otomaï avait vite abandonné, préoccupé par d’autres problèmes bien plus importants. Dont celui que générait un dénommé Ogrest, l’une de ses créations. Edmond n’avait pas tout compris ce que son ami lui avait expliqué, mais il en avait retenu une chose : un terrible chaos allait probablement avoir lieu, et il fallait se réfugier de préférence dans les hauteurs. C’était pour cette raison qu’il lui demandait de partir, accompagné de Linra et Flora. C’était pour cette raison qu’il avait décidé de rester ici. Il n’avait plus longtemps à vivre, et il préférait que tout cela se termine vite.

Voyant le regard baissé de son compagnon, le disciple de Féca eut un sourire triste. Il ne pouvait rien y faire, sa décision était prise, et rien ne le ferait changer d’avis. Il soupira légèrement, mais ce soupir entraîna par la même occasion une soudaine toux, assez violente. Sans réfléchir plus longtemps, il se jeta à plat ventre, près de la bassine, et se mit à cracher à l’intérieur de multiples gerbes de sang qui manquèrent de la faire déborder. Au bout d’une petite minute, la crise se calma, et il se releva doucement, avec encore un peu de sang qui coulait le long de ses lèvres. Il regarda Edmond, qui, semble-t-il, avait esquissé un geste pour venir l’aider avant de se raviser. Kid lui fit un léger signe de tête pour lui signaler que tout allait bien, et se rendit devant l’une des immenses bibliothèques. Il chercha à travers plusieurs étagères, observant le titre de chaque livre, et en tira finalement un assez imposant, qu’il emmena à son compagnon et lui mit dans les bras. Avec une reliure dorée et une couverture assez sobre, il avait l’air d’être un de ces livres que ne s’offrent que les personnes aisées. Sur la quatrième de couverture, on pouvait observer le dessin d’un jeune homme, de dos, cheveux au vent, regardant une vaste plaine s’étendant à l’infini. Sur la couverture, seul le titre apparaissait : « Histoire d’un Milicien ».

« -Pourquoi me donnez-vous ce livre, demanda Edmond, apparemment surpris.
-Le temps, répondit le Féca, n’a pas d’emprise sur Chymes. Si tout se passe bien, elle continuera de vivre après le chaos. Et si elle est encore en vie, alors la Milice l’est aussi. Je veux que mes descendants sachent ce qu’était la Milice. Je veux que mes descendants participent à son existence, comme je l’ai fais. »

Tout en prononçant ces mots, et malgré le regard un peu surpris d’Edmond, il retira délicatement de son doigt l’anneau qui y siégeait, et qui sembla se réveiller un peu. Il le tendit également à son compagnon, qui le prit avec le plus grand soin dans ses mains.

« -Si un jour tu revois Chymes, donne lui Tik de ma part. Il sera en quelque sorte mon cadeau d’adieu.
-Vous l’avez gardé malgré tout… murmura Edmond.
-C’était tellement plus simple que d’avoir un journal intime. »

Kid se mit à sourire. Un sourire franc, un sourire véritable, le sourire d’un frère. Cela faisait des semaines qu’il n’avait plus sourit de cette façon. Les seuls sourires qu’il adressait étaient habituellement des sourires tristes, où l’on pouvait sentir le désespoir d’un être en fin de vie. Mais ce n’était plus le cas. Il avait fait ce qu’il avait à faire. Sa mission dans ce monde était terminée, pensait-il. D’autres prendraient le relais. Et il espérait, du plus profond de son être, que ces autres seraient sa propre descendance. Il tenait à ce qu’elle joue un rôle. Et, surtout, à ce qu’elle joue un rôle au sein de la Milice. Il sentait, il savait que Chymes allait survivre. Elle avait survécu à déjà tant de choses, elle serait en mesure de résister au chaos qui allait avoir lieu. Et le temps ne l’affectant pas, elle survivrait. Il ne lui restait plus qu’à espérer qu’elle croise un jour un de ses descendants… Mais cette situation pouvait arriver. Malgré tout, son livre ne pouvait pas tout dire, il lui fallait aussi un témoin physique… Quelqu’un qui survivrait assez longtemps… Sortant de la sacoche qu’il portait comme d’habitude à sa taille une seringue remplie d’un étrange liquide bleuâtre, il se jeta sur Edmond et la lui enfonça dans le bras, déversant dans son corps tout le liquide. Ce dernier n’avait pas eu le temps de réagir, ne s’était même pas débattu, et ne ressentait absolument aucune douleur. Simplement un élan de vigueur. Il n’eût même pas le temps de poser la question qui lui venait à l’esprit que déjà Kid y répondait.

« -Tu as environ 400 ans avant que le temps ne reprenne son cours sur toi… Tâche de les utiliser à bon escient, c’était mon unique seringue. »

Puis il remit la seringue, maintenant vide, dans sa sacoche, avant de retourner s’asseoir à son bureau, tout en disant à Edmond que c’était à lui de jouer maintenant, et qu’il comptait sur lui. Ce dernier acquiesça tristement, et ouvrit la porte qui donnait sur le couloir. Au moment où il allait la traverser, Kid l’interpella une dernière fois.
« -Si tu croises Chymes, un jour… Dis-lui que je m’excuse de ne pas avoir pu l’aider plus longtemps. »
Edmond s’arrêta pendant quelques minutes, sur le pied de la porte, observant celui qui avait été son ami, celui qui l’avait sauvé, celui qui l’avait aidé durant si longtemps. Puis, prenant finalement sa décision, il rentra dans le couloir, fermant la porte derrière lui. D’un pas calme mais déterminé, il se rendit jusque dans la cuisine. Linra l’attendait, assise, avec à côté d’elle la petite Flora, âgée d’à peine 4 ans. La jeune fille, toute belle, avait les yeux de son père et le visage de sa mère. Elle était en train de s’amuser avec une figurine représentant un Féca et une autre représentant une jolie Eniripsa. Elle s’inventait des histoires de prince charmant, des histoires de fées et de sorcières, de héros et de dragons. Innocente, inconsciente du drame qui était en train de se produire, elle était entourée d’une bulle protectrice. Linra regarda Edmond dès qu’il rentra dans la pièce, espérant voir derrière lui son fiancé. Mais il était seul. Il baissa le regard, n’osant pas la regarder en face. Elle fit de même, et la situation resta ainsi pendant quelques minutes. Puis, finalement, elle se leva et prit sa fille dans ses bras. L’homme s’occupa des valises, et tous les trois sortirent de la maison. Au moment où ils allaient traverser la porte, la petite Flora rompit le silence qui s’était établi depuis l’arrivée d’Edmond, en posant une seule question :

« -Pourquoi papa il ne vient pas ? »

Ils s’arrêtèrent nets. Aucun d’eux n’avait le courage de répondre, aucun ne se sentait la force d’ouvrir la bouche. Une question si innocente dans une situation pareille les mit mal à l’aise. Ils ne voulaient pas prononcer le moindre mot. Ils baissèrent tous les deux la tête, et les larmes coulèrent le long de leurs joues. Ils perdaient un ami, un mari, un père. Mais elle, l’ignorait.


Assis devant son bureau, Kid observait par la fenêtre. Il ressassait chaque instant de sa vie, chaque moment qu’il avait vécu. Son père adoptif, Spirit. Il ne l’avait plus vu depuis plusieurs années déjà. Peut-être était-il mort, mais il ne voulait pas le savoir. Il préférait ne pas se poser la question. Son cousin, Ranulf. Il l’avait mis en garde contre le chaos. Il espérait simplement qu’il n’aurait pas pris son avertissement à la légère. Et enfin, et c’était sûrement le plus important, la Milice. Il ne leur avait plus parlé depuis longtemps, trop longtemps. Depuis qu’il avait appris pour son mal, en fait. Mais il les portait toujours au fond de son cœur. Il ne pouvait pas s’empêcher, chaque jour, de penser à eux. Qu’étaient-ils devenus ? Il espérait qu’ils allaient bien. Tous, autant qu’ils étaient. Il avait vécu de si agréables moments à leurs côtés… Des moments qui étaient terminés à présent, mais qui restaient dans ses souvenirs à tout jamais. Il reprit la vieille wadio poussiéreuse qui traînait sur son bureau et l’alluma.

« -Mes amis, si quelqu’un m’entend… C’est la fin de notre ère, dit-il en observant à travers la fenêtre les éclairs qui se formaient au loin. »
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